Les super poules ne sont pas agiles…(1/3)

 

Un biologiste de l’évolution de l’Université de Purdue, William Muir, a étudié la productivité des poules. Il créa donc une expérience pour en comprendre les ressorts.

Les poules vivant en groupe, il sélectionna un groupe moyen et le laissa tranquille pendant six générations. Il créa ensuite un second groupe avec les poules les plus productives, qu’on pourrait appeler les Super-Poules, et il a formé un Super-Groupe. Et à chaque génération, il sélectionnait les plus productives pour la reproduction.

Après six générations, que découvrit-il ? Dans le premier groupe, les poules moyennes allaient très bien. Elles étaient toutes dodues et pleines de plumes et la production avait incroyablement augmenté. Qu’en était-il du deuxième groupe ? Toutes sauf trois étaient mortes. Elles avaient picoré les autres à mort.

Les poules productives avaient réussi simplement parce qu’elles avaient réduit la productivité des autres.

Si vous racontez cette histoire, vous serez probablement surpris de voir que tout le monde se reconnait dans cette histoire : « ce Super-Groupe, c’est mon entreprise… » ou « c’est mon pays… » ou « c’est ma vie. »

On nous a toujours dit que pour avancer, il faut être en compétition : aller dans la bonne école, avoir le bon travail, arriver au sommet, et je n’ai jamais trouvé cela très stimulant.

On pense réussir en sélectionnant les superstars, les hommes, parfois les femmes, les plus brillants et en leur donnant toutes les ressources et tout le pouvoir.

Et le résultat observé est le même que dans l’expérience de William Muir : agressivité, dysfonctionnement et gâchis. Si la seule façon pour que les plus productifs puissent réussir, c’est de réprimer la productivité des autres, alors nous devons vraiment trouver une façon de travailler et de vivre plus saine. 

Alors, pourquoi certains groupes sont plus performants et plus productifs que d’autres ?

C’est la question qu’une équipe du MIT s’est posée. Ils ont pris des centaines de volontaires, ont formé des groupes, puis ils leur ont donné des problèmes à résoudre. Et il se passa exactement ce à quoi on s’attendait : certains groupes étaient plus performants que d’autres.

Ce qui est intéressant, c’est que les groupes très performants n’étaient pas ceux avec une ou deux personnes au Q.I. incroyablement élevé, ni ceux qui avaient la plus haute valeur en additionnant les Q.I.

Les super poules… La suite

Eric Vejdovsky

A propos de Eric Vejdovsky

Après s’être dédié à muscler les jambes d'une entreprise en qualité de responsable formation, puis à nourrir l’esprit de managers comme consultant, Eric se consacre désormais à parler aux coeurs des dirigeants afin qu’ils s’autorisent à expérimenter de nouvelles voies pour une gouvernance plus ouverte et porteuse de sens.